La vie d’Azizgul Afghanbek est le récit d’une résistance face aux restrictions et d’un engagement constant en faveur du droit des femmes afghanes à l’éducation et à la liberté. Un parcours qui a commencé à Kaboul et qui se poursuit aujourd’hui, en exil, à travers son action en faveur des droits humains.
Azizgul Afghanbek, militante pour les droits des femmes et étudiante engagée dans le mouvement de protestation, est née le 12 octobre 1999 dans la province de Maidan Wardak, en Afghanistan.
Elle a commencé ses activités éducatives et sociales à Kaboul, où elle est progressivement devenue une figure active dans la promotion de l’éducation et des droits des femmes.
Le 22 décembre 2018, elle est diplômée du lycée de jeunes filles Safa Township, dans l’ouest de Kaboul. Après avoir réussi le concours national d’entrée à l’université (Kankor), elle est admise en gestion de l’éducation à l’Université de formation des enseignants de Kaboul.
Parallèlement à ses études, elle participe bénévolement à des programmes éducatifs destinés aux femmes et aux enfants.
Malgré l’opposition de son père, elle poursuit son parcours universitaire et son engagement social, convaincue que le changement social commence au sein de la famille et de la communauté.
En 2020, animée par sa passion pour le génie civil, elle obtient la prestigieuse bourse compétitive Linda Norgrove et commence des études de génie civil à l’Université Gawharshad de Kaboul.
Elle suit simultanément deux cursus universitaires, considérant que l’éducation est le principal levier de l’émancipation individuelle et collective.
Après le retour des Talibans au pouvoir le 15 août 2021 et l’imposition de restrictions généralisées contre l’éducation des filles, elle est contrainte d’interrompre ses études.
Refusant de garder le silence, elle rejoint, le 15 novembre 2021, le mouvement des femmes manifestantes et participe activement aux mobilisations contre les politiques discriminatoires des Talibans.
Elle contribue à l’organisation des manifestations, à la tenue de conférences de presse, à la rédaction d’articles, à des campagnes de graffitis et à diverses initiatives de soutien en faveur des droits des femmes.
À cette époque, les rues de Kaboul deviennent le théâtre de la résistance de femmes qui, malgré les menaces, les arrestations et la répression, élèvent leur voix pour défendre la liberté, la justice et le droit à l’éducation.
Après près d’un an et demi de militantisme, l’aggravation des menaces sécuritaires l’oblige à quitter l’Afghanistan pour l’Iran.
En 2023, elle reprend ses études en génie logiciel à l’Université de Téhéran tout en poursuivant ses activités en faveur des droits humains.
Le 18 juin 2024, face à la persistance des risques sécuritaires, elle quitte également l’Iran pour le Pakistan.
Au Pakistan, elle rejoint l’organisation allemande Move On, qui soutient les réfugiés afghans.
Dans le cadre de cette collaboration, elle oriente environ 150 femmes afghanes engagées vers les programmes de soutien de l’organisation.
À la suite des changements intervenus dans les procédures d’admission migratoire, ce réseau met en place des programmes de formation et d’insertion professionnelle destinés aux femmes afghanes. En conséquence, une trentaine de femmes suivent des cours d’allemand, quinze obtiennent un contrat d’Ausbildung (formation professionnelle en alternance) et quatre sont transférées du Pakistan vers l’Allemagne. Ce programme se poursuit au bénéfice d’autres femmes.
Azizgul Afghanbek est convaincue que le plus petit changement peut être le point de départ d’un immense espoir.
Si elle considère l’exil de la jeunesse afghane instruite comme une profonde tragédie, elle estime que les restrictions politiques et sociales ont contraint de nombreuses femmes à quitter leur pays afin de poursuivre leurs études, leurs engagements et la construction d’un avenir meilleur.
Après son arrivée en France, elle dépose une demande d’asile et poursuit son engagement en faveur des droits des femmes, des enfants et des femmes migrantes.
Aujourd’hui, Azizgul Afghanbek est reconnue comme l’une des voix de la résistance civile contre la discrimination et la misogynie structurelles.
Selon elle, l’avenir de l’Afghanistan doit reposer sur la liberté, la justice, l’égalité et le droit à l’éducation pour tous les citoyens, en particulier les femmes et les enfants, et non sur l’exclusion et la répression.
Bien qu’elle ait dû reconstruire sa vie à plusieurs reprises, elle poursuit son chemin avec espoir, transformant son expérience de l’exil, de la migration forcée et de la résistance civile en une voix porteuse d’espoir, de sensibilisation et d’émancipation pour les femmes afghanes.